• • 56 •

    • 56 •

     

    Debout, les bras croisés sur son torse, le regard rivé sur son tableau, Franck soupira, grisé de cette affaire non élucidée par sa jeune et nouvelle chef. Le grand gaillard avait beau essayer de trouver ce qui n’allait pas sur les photos qu’il avait trouvé dans le dossier plutôt cocasse que la blondinette, qui lui servait de patronne, avait donnée à tout le commissariat et qu’il avait accroché pour y voir plus clair. Il était sur qu’il manquait un élément, une preuve ou que peut-être la preuve était devant lui mais qu’il ne l’avait pas encore trouvée. 

    Généralement, en quelques heures, il aurait trouvé la faille sans aucun doute, mais là, il pataugeait complètement dans ce qu’il pouvait appeler au langage familier « La merde ». Il avait besoin d’aide. Non seulement il était à deux doigts de s’endormir debout, mais aussi, il voulait que son coéquipier revienne une bonne fois pour toutes de sa mise à pied.

    Quelle idée aussi de frapper un agent du FBI parce qu’il l’avait insulté ouvertement, le regardant de haut. S’il savait se contrôler. À l’heure qu’il était Franck aurait peut-être réussi à élucider ce dossier en un rien de temps si son acolyte était là.

     

    • 56 •

     

    Il avait beau regarder les photos les unes après les autres, rien ne lui semblait suspect sur les photos. Qu’avaient-elles de particulier ces victimes ? Pourquoi les avoir tuées ? Franck avait fait quelques recherches déjà sur ces personnes: Certains avaient été de base de simples employés de bas étage, d’autres des dealers et d’autres des femmes innocentes. Quelques-unes bien entendu étaient des prostituées.

     

    • 56 •

     

    Et alors qu’il mit son café à portée de bouche, pensif, une voix d’homme trop familière à son goûtt, juste à coté de lui, le fit sursauter. 

    - J’ai appris pour l’enquête. Dit Julian, le sourire aux lèvres. Vu ta tête, rien à présager de bon !

     

    • 56 •

     

    Franck fit volte-face à son meilleur ami, grommelant des mots incompréhensibles dans sa barbe. Il était tout de même content de le voir, il lui fallait de l’aide. 

    - Disons que je suis soûlé. Tu n’as pas jeté un œil au dossier ?

    - Non pas encore. J’ai simplement su qu’il y avait un nouveau chef, que c’était une femme et qu’elle était très jeune.

    - Et encore, tu ne sais pas tout. Souffla Franck. Ne t’évanouis pas si je te raconte tout. Notre chef est la fille de Mathieu. Tu sais l’ex de ma chère et tendre épouse, le père biologique des jumeaux. Et comme si ça ne suffisait pas, il est aussi de retour. Tu ne sais pas à quel point je suis en pleine panique maintenant. J’ai peur que si Cindy le revoit mon couple batte des ailes. J’étais heureux de plus le revoir et maintenant il a fallu qu’il travaille avec nous et qu’il soit dans la même ville que nous. Le pire de tout ça, malgré qu’il faille un jour dire aux jumeaux la vérité, j’ai quand même peur de leurs réactions vis à vis de tout ça. Ah il y a aussi le fait que ma femme travaille pour le père d’un meurtrier et il va falloir que je fasse tout mon possible pour qu’elle démissionne. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver. 

     

    • 56 •

     

    La tête de Julian passa de l’étonnement au choc. Il n’en revenait pas, plus Franck lui racontait, plus il écarquillait les yeux. 

    - Attend ! Tu es en train de me dire que le fils de monsieur le maire est un meurtrier ? S’exclama le blond sous le choc.

    - Oui, tu sais celui qu’on recherche depuis pas mal de temps. Asher Wilson, il est aussi impliqué dans des affaires de deal. Tu sais comment la chef là surnommé ? Robin des bois. Absurde, non ? Ricana Franck portant sa boisson chaude à sa bouche.

    - Eh bah tu m’étonnes vu ta tronche, on dirait que tu l'as mit dans une machine à laver.

    - Je te promets, j’ai qu’une envie, c’est de rentrer chez moi et de rejoindre ma famille. C’est la première fois de ma vie en 15 ans de boulot que ça m’arrive.

     

    • 56 •

     

    Il souffla encore une fois avant de monter les escaliers menant à leur bureau, laissant le blondinet en plan. Celui-ci ne tardant pas à le suivre de près. 

    - Ah ouais quand même, tu n’as pas chômé pendant mon absence. Dit Julian étonné de voir des papiers éparpillés un peu de partout au sol vers le bureau de son acolyte, ainsi qu’un classeur ouvert et le tableau barbouillé de notes incompréhensibles pour ses yeux.

    - Tu n’as pas idée. J’ai dû écourter mes vacances, qui n’ont même pas commencé pour cette enquête. Tu ne sais même pas comment Cindy était en colère quand elle m’a vu partir comme un voleur ce matin.

     

    • 56 •

     

    Tout en allant devant son bureau, Julian ricana face à la frustration de son coéquipier. Il se mit tout de même à sa place. L’ex de la personne la plus importante de sa vie était de retour et seul cet individu sait quel grabuge allait-t-il faire dans leur vie. Il s’installa à son bureau et regarda son ordinateur en train de s’allumer doucement après qu’il ait appuyé sur le bouton « Start ». Et pour changer de conversation et enfin faire sourire son coéquipier, il lance à la cantonade.

    - Après ma longue absence, les ordinateurs sont toujours aussi longs.

    - On ne peut pas faire mieux. Soupira Franck en s’installant à son bureau à son tour terminant son paquet de chips finement commencé depuis pas mal de temps. 

     

    Tentative ratée !

     

    • 56 •

     

    Voyant que l’ordinateur était toujours à la rame à l’allumage et que son ami ne voulait pas dégriser, Julian se leva pour faire face au tableau qu’il regardait subitement très méticuleusement. Il avait à cet instant-là, une tête totalement confuse. Il claqua les doigts comme s’il avait trouvé la faille dans ses photos de victimes. Et là, les yeux de Franck s’illuminèrent d’un seul coup.

    - Tu ne trouves pas ça bizarre ? Demanda Julian une main sur son coup comme embarrassé de ce qu’il venait de découvrir. Franck s’était levé en quelques secondes et l’avait rejoint devant le tableau, attendant patiemment que son ami veuille bien l’éclairer sur le sujet. Il y a quelque chose qui cloche sur la première photo.

    - Explique.

    - Regarde, la première victime est touchée en plein milieu de la poitrine. Tandis que tous les autres ont deux voir trois centimètres de décalage au niveau de leur blessure. En plus de ça, ils ont reçu un violent coup dans le cou. Regarde ces marques, c’est évident pourtant.

     

    • 56 •

     

    Franck inspecta une à une chaque photo se tapant le front mentalement. Pourquoi n’avait-il pas vu ça ?  C’est vrai que le brun résolvait plus facilement ses enquêtes quand il y avait son acolyte dans les parages. Après tout, Julian trouvait toujours la faille et Franck, résolvait les mystères, une pierre deux coups.

     

    • 56 •

     

    - Donc ! Continua le grand gaillard blond. Il y a deux meurtriers, un qui essaye de recopier sur l’autre. Franck, comment n’as-tu pas pu voir ça de plus près. C’est pourtant évident.

    - Je ne sais pas. La fatigue peut-être.