• • 54 •

     

    Tina souffla, elle n'avait pas été du tout claire dans ses explications.

    - Evan s'est embrouillé avec Brady et il s'est fait agresser dans la rue près de chez Brady. C'est mieux comme ça. Il faut qu'on y aille maintenant.

    - QUOI ?!! S'exclama Éva, une fois que les informations avaient percuté son cerveau. Et c'est que maintenant que tu me le dis ? Lui dit-elle, sidérée.

    - Bah, tu étais occupée et je te cherchais partout.

     

    • 54 •

     

    - Pas de souci. Confirma-t-il tout de même un peu déçu à son tour. Quoiqu'il s'était rapproché d'elle avec de mauvaises intentions, elle ne lui était pas restée indifférente. Il voulait la revoir et même si ça ne faisait pas parti du plan. Après tout, il n'avait pas encore donné son accord à Mathieu. Il savait à cet instant qu'il la voulait. Après tout maintenant elle était majeure, vaccinée et consentante.

     

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    - Pas de souci. Confirma-t-il tout de même un peu déçu à son tour. Quoiqu'il s'était rapproché d'elle avec de mauvaises intentions, elle ne lui était pas restée indifférente. Il voulait la revoir et même si ça ne faisait pas partie du plan. Après tout, il n'avait pas encore donné son accord à Mathieu. Il savait à cet instant qu'il la voulait. Après tout maintenant elle était majeure, vaccinée et consentante.
     

    *
    *   *
     

    • 54 •

     

    Sur la route, Éva maudissait ceux qui avaient pu agresser son frère et Brady lui-même. Elle était sûre et certaine que c'était encore de sa faute. Elle ferait la peau à ceux qui s'en étaient pris à son jumeau.

    - Éva, la situation n'est pas très alarmante, alors arrête de t'énerver. Lui dit Jessica sur la route, c'était la première des trois à avoir été informée de l'état non trop critique d'Evan.

     

    • 54 •

     

     - Mets-toi à ma place cinq minutes veux-tu ? Je savais que Brady était un connard de première ! Regarde, il est même allé jusqu'à envoyer des petits voyous le tabasser. Il est grand temps qu'on fasse justice.

     

    • 54 •

     

    - Justice de quoi, Éva ? Nous ne faisons pas le poids, contre personne d'ailleurs. Alors, je ne te suivrai pas dans ta quête de la justice. Tu délires complètement ! Tu te prends pour Wonder Woman ?  Tu crois que tu es à l'épreuve des couteaux et des balles ? Que tu es un maître des arts martiaux ? Alors, s'il te plaît arrête tes conneries.

    - Il faut bien faire quelque chose contre ces charlatans. Parce qu'après tout, c'est lui qui est derrière ça. Dit Éva.

     

    • 54 •

     

    Jessica souffla désespérément tandis que Tina, elle, leva les yeux au ciel. Leur amie était irrécupérable.

    - Brady, Brady, Brady. Il t'a fait quoi Brady pour que tu sois comme ça avec lui ? Tu ne nous as jamais expliqué. Il est sympa, enfin avec nous. Je ne comprends pas pourquoi tu le détestes autant ? Autant l'accepter comme beau-frère, après tout, il sort avec Vavanne. Mais Brady, je ne sais pas si c'est vraiment lui ou pas.

    - Certes, ça peut être Brady, mais si c'était quelqu'un d'autre comme des racketteurs ou des personnes que ton frère a pu offenser de lui-même. Tu sais très bien que vous avez plus d'ennemis que d'amis à Brooklyn. Je ne sais pas comment vous faites tous les deux pour vous faire mal aimer des autres. Je sais qu'il y a des gens qui jalousent votre relation de frère et sœur. Mais tu crois sincèrement que c'est à toi de faire la justice ? Il y a des flics pour ça. Demande plutôt à ton père de régler cette histoire, c'est lui le flic pas nous. Et puis, Brady, je ne pense pas trop que ce soit lui, il n'a jamais été méchant, ni avec nous, ni avec Evan. Leurs problèmes du couple ne te regardent pas Éva. Laisse-les régler leurs histoires et ensuite, si lui, il a besoin de toi, il viendra te voir.

     

    • 54 •

     

    Tina tourna la tête et vit un corps par terre qu'elle reconnut être Evan.

    - OH MERDE ! Les filles, regardez par là. À force de parler, je n'avais même pas remarqué qu'on était déjà arrivées.

    - Allons voir si c'est bien Vavanne avant que celui-ci ne meure sur place. Dit Éva en allant vers son frère qui était allongé sur le dos essayant d'oublier a priori la douleur et attendant les filles.

     


  • • 55 •

     

    Tina et Jessica suivirent Éva dans la ruelle. La brune s'était mise à genoux regardant les marques sur le visage de son frère. S'il respirait c'est qu'il n'était pas amoché tant que ça. Encore heureux qu'ils n'avaient pas tabassé à mort Evan. Peut-être était-ce réellement un règlement de comptes...

     

    • 55 •

     

    Tina tapa sur la joue d'Evan essayant d'avoir un quelconque signe de vie.

    - Non Tina, je ne suis pas mort... Comme si je n'avais pas déjà mal, tu es obligée de me taper encore plus. Dis-le si tu veux que je meurs plus vite. Dit Evan, les yeux clos.

    - Qui t'as fait ça ? C'est Brady ? Je savais que c'était un mec louche. Quand je t'avais dit de rompre avec lui. Lui dit Éva en essayant de le soulever pour le mettre debout.

    - Éva lâche-le. Réprimanda Jessica. Il nous le dira peut-être tout à l'heure.

    - Non, je veux savoir maintenant. Evan, il faut que tu en parles à papa. Peut-être que lui pourra faire quelque chose aux personnes qui t'ont fait ça. As-tu vu leurs visages ? À quoi ressemblaient-ils ? Vieux, jeunes ? Ou encore beaux, moches ou c'était des filles...

    - Éva ! Arrête avec tes questions. Il n'est réellement pas en état de répondre pour le moment. Ton père ne fera rien s'il ne sait pas ce qui s'est réellement passé. Car il n'est pas censé savoir que vous avez été en boîte de nuit ce soir. N'oublie pas ça. Lâcha Jessica.

    - Oui Éva. Attendons qu'il aille mieux. Gronda à son tour Tina un peu trop sérieuse depuis le début de cette histoire.

    - Parlez comme si je n'étais pas là. Dit Evan. Vous parlez trop. Je ne sais pas ce qu'il s'est réellement passé. Si je le savais, je vous l'aurais dit.

     

    • 55 •

     

    - EVANNNN ! S'exclama Éva. Tout le monde sait que tu préfères souffrir que de dire réellement ce qui s'est passé. Donc ne fais pas le dur.

    - Un point pour Éva, Evan. Ce qu'il te faudrait, c'est de la torture pour te faire avouer ce qui s'est réellement passé.

    - Bande de rabat-joies. Lâcha Evan.

    - Bah ouais. Mais tu vas nous dire quand même ce qu'il t'est réellement arrivé.

    - Humm... Peut-être. Dit-il en soulevant les épaules avec difficulté.

    - Oh que si tu vas nous dire ce qui s'est passé. Sinon, je te jure que tu vas le regretter.

    - Bouh... Arrête Éva, tu fais peur.

    - Fais attention, je ne répondrai plus de mes actes, jeune Padawane.
     

    *
    *    *

    • 55 •

     

    La journée venait enfin de se terminer pour Franck, une journée très épuisante. Il pensait, au départ,  juste assister à la réunion puis ensuite rentrer chez lui. Il était minuit tout de même. Il rejoignit donc sa femme assise sur le canapé.

    - Je pensais que tu rentrais après ta réunion ! À moins qu'elle se soit éternisée. Tu devrais demander une augmentation si c'est comme ça.

    - Je le pense, moi aussi... Marmonna Franck.

    - Non mais c'est vrai ! Je pensais que vu que tu es en vacances, on allait enfin pouvoir profiter, toi et moi ! Mais franchement, te faire venir à 6h du matin pour une réunion de dernière minute, ils ont un de ces culots. Je pense que tu devrais sérieusement y penser. S'exclama la mère de famille.

    - Il s'est passé trop de choses aujourd'hui pour que je pense à une éventuelle augmentation. Je pense que tu as raison. Mathieu est de retour et on doit travailler ensemble sur une affaire ! Et devine qui est notre chef ? Abby Turner, la petite amie d'Asher Wilson ! Enfin sous couverture. C'est bien la fille de Mathieu. S'exclama à son tour Franck d'une traite.

    - Haha. Tu vois ! Je te l'avais dit. Minute, elle ne m'avait pas l'air d'un agent quand on l'a vue, mais plutôt d'une prostituée. Tu es sûr que c'était elle et pas un sosie ? Demanda Cindy sceptique, rien ne pouvait être impossible après tout.

    - Je t'assure que c'était bien elle. Il n'y a pas 45 Abby Turner dans Brooklyn. Elle nous a collé une nouvelle affaire. Avoua Franck sûr de lui.

    - C'est pour ça que tu rentres tard. Éva dort chez Tina ce soir et Evan... Il doit encore être chez Brady ! Je pensais qu'on allait se faire une petite soirée en amoureux....

     

    • 55 •

     

    - Je sais, je pensais aussi passer la soirée avec toi. Cependant, avec la nouvelle affaire qu'elle nous à collé, je devais rester au poste pour l'étudier !

    - Tu veux m'en parler ? C'est si important que ça ? Cette affaire a l'air de te chagriner un peu. Lui dit sa femme en posant sa main sur son épaule.

    - C'est confidentiel. La réprimanda-t-il.

    - Comme tu veux !

    - Bon ! Rétorqua-t-il en fin de compte. Nous enquêtons sur Asher Wilson, le fils de ton patron. Apparemment, il n'a pas l'air blanc comme neige. Il fait du trafic illégal et il est soupçonné du meurtre de plusieurs personnes...

    -... Hein... Lui coupa-t-elle la parole.

    - Ashley Turner s'est infiltrée dans son réseau depuis pas mal de temps pour essayer de trouver le plus de preuves possible.

    - Tu déconnes là, j'espère .

    - Non... C'est un truc de fou... Les petites enquêtes qu'on faisait bien avant et qui nous ont emmenées nulle part, elle nous les a résolues en un claquement de doigts. Je ne sais pas si tu te rends compte un peu. C'est pour ça que tu as vu Abby chez les Wilson. Elle se fait passer pour une strip-teaseuse. Expliqua Franck.

    - Ce que tu veux me dire... C'est que le fils de mon patron est... Genre... Le patron de la mafia... Pas possible.

    - Exactement ! Mais comme on n'a pas assez de preuves sur lui, il faut que tout le monde s'y mette. C'est pour ça que certains sont déjà sur le terrain. Je suis tout autant choqué que toi. S'offusqua le brun.

    - Absurde... Tu viens de m'en apprendre une bonne là. Je pensais qu'il était distant juste parce qu'il était mal à l'aise en présence de son père.

     

    • 55 •

     

    - Moi aussi... Surtout, garde ces informations pour toi. Termina-t-il une bonne fois pour toutes.

     


  • • 56 •

     

    Debout, les bras croisés sur son torse, le regard rivé sur son tableau, Franck soupira, grisé de cette affaire non élucidée par sa jeune et nouvelle chef. Le grand gaillard avait beau essayer de trouver ce qui n’allait pas sur les photos qu’il avait trouvé dans le dossier plutôt cocasse que la blondinette, qui lui servait de patronne, avait donnée à tout le commissariat et qu’il avait accroché pour y voir plus clair. Il était sur qu’il manquait un élément, une preuve ou que peut-être la preuve était devant lui mais qu’il ne l’avait pas encore trouvée. 

    Généralement, en quelques heures, il aurait trouvé la faille sans aucun doute, mais là, il pataugeait complètement dans ce qu’il pouvait appeler au langage familier « La merde ». Il avait besoin d’aide. Non seulement il était à deux doigts de s’endormir debout, mais aussi, il voulait que son coéquipier revienne une bonne fois pour toutes de sa mise à pied.

    Quelle idée aussi de frapper un agent du FBI parce qu’il l’avait insulté ouvertement, le regardant de haut. S’il savait se contrôler. À l’heure qu’il était Franck aurait peut-être réussi à élucider ce dossier en un rien de temps si son acolyte était là.

     

    • 56 •

     

    Il avait beau regarder les photos les unes après les autres, rien ne lui semblait suspect sur les photos. Qu’avaient-elles de particulier ces victimes ? Pourquoi les avoir tuées ? Franck avait fait quelques recherches déjà sur ces personnes: Certains avaient été de base de simples employés de bas étage, d’autres des dealers et d’autres des femmes innocentes. Quelques-unes bien entendu étaient des prostituées.

     

    • 56 •

     

    Et alors qu’il mit son café à portée de bouche, pensif, une voix d’homme trop familière à son goûtt, juste à coté de lui, le fit sursauter. 

    - J’ai appris pour l’enquête. Dit Julian, le sourire aux lèvres. Vu ta tête, rien à présager de bon !

     

    • 56 •

     

    Franck fit volte-face à son meilleur ami, grommelant des mots incompréhensibles dans sa barbe. Il était tout de même content de le voir, il lui fallait de l’aide. 

    - Disons que je suis soûlé. Tu n’as pas jeté un œil au dossier ?

    - Non pas encore. J’ai simplement su qu’il y avait un nouveau chef, que c’était une femme et qu’elle était très jeune.

    - Et encore, tu ne sais pas tout. Souffla Franck. Ne t’évanouis pas si je te raconte tout. Notre chef est la fille de Mathieu. Tu sais l’ex de ma chère et tendre épouse, le père biologique des jumeaux. Et comme si ça ne suffisait pas, il est aussi de retour. Tu ne sais pas à quel point je suis en pleine panique maintenant. J’ai peur que si Cindy le revoit mon couple batte des ailes. J’étais heureux de plus le revoir et maintenant il a fallu qu’il travaille avec nous et qu’il soit dans la même ville que nous. Le pire de tout ça, malgré qu’il faille un jour dire aux jumeaux la vérité, j’ai quand même peur de leurs réactions vis à vis de tout ça. Ah il y a aussi le fait que ma femme travaille pour le père d’un meurtrier et il va falloir que je fasse tout mon possible pour qu’elle démissionne. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver. 

     

    • 56 •

     

    La tête de Julian passa de l’étonnement au choc. Il n’en revenait pas, plus Franck lui racontait, plus il écarquillait les yeux. 

    - Attend ! Tu es en train de me dire que le fils de monsieur le maire est un meurtrier ? S’exclama le blond sous le choc.

    - Oui, tu sais celui qu’on recherche depuis pas mal de temps. Asher Wilson, il est aussi impliqué dans des affaires de deal. Tu sais comment la chef là surnommé ? Robin des bois. Absurde, non ? Ricana Franck portant sa boisson chaude à sa bouche.

    - Eh bah tu m’étonnes vu ta tronche, on dirait que tu l'as mit dans une machine à laver.

    - Je te promets, j’ai qu’une envie, c’est de rentrer chez moi et de rejoindre ma famille. C’est la première fois de ma vie en 15 ans de boulot que ça m’arrive.

     

    • 56 •

     

    Il souffla encore une fois avant de monter les escaliers menant à leur bureau, laissant le blondinet en plan. Celui-ci ne tardant pas à le suivre de près. 

    - Ah ouais quand même, tu n’as pas chômé pendant mon absence. Dit Julian étonné de voir des papiers éparpillés un peu de partout au sol vers le bureau de son acolyte, ainsi qu’un classeur ouvert et le tableau barbouillé de notes incompréhensibles pour ses yeux.

    - Tu n’as pas idée. J’ai dû écourter mes vacances, qui n’ont même pas commencé pour cette enquête. Tu ne sais même pas comment Cindy était en colère quand elle m’a vu partir comme un voleur ce matin.

     

    • 56 •

     

    Tout en allant devant son bureau, Julian ricana face à la frustration de son coéquipier. Il se mit tout de même à sa place. L’ex de la personne la plus importante de sa vie était de retour et seul cet individu sait quel grabuge allait-t-il faire dans leur vie. Il s’installa à son bureau et regarda son ordinateur en train de s’allumer doucement après qu’il ait appuyé sur le bouton « Start ». Et pour changer de conversation et enfin faire sourire son coéquipier, il lance à la cantonade.

    - Après ma longue absence, les ordinateurs sont toujours aussi longs.

    - On ne peut pas faire mieux. Soupira Franck en s’installant à son bureau à son tour terminant son paquet de chips finement commencé depuis pas mal de temps. 

     

    Tentative ratée !

     

    • 56 •

     

    Voyant que l’ordinateur était toujours à la rame à l’allumage et que son ami ne voulait pas dégriser, Julian se leva pour faire face au tableau qu’il regardait subitement très méticuleusement. Il avait à cet instant-là, une tête totalement confuse. Il claqua les doigts comme s’il avait trouvé la faille dans ses photos de victimes. Et là, les yeux de Franck s’illuminèrent d’un seul coup.

    - Tu ne trouves pas ça bizarre ? Demanda Julian une main sur son coup comme embarrassé de ce qu’il venait de découvrir. Franck s’était levé en quelques secondes et l’avait rejoint devant le tableau, attendant patiemment que son ami veuille bien l’éclairer sur le sujet. Il y a quelque chose qui cloche sur la première photo.

    - Explique.

    - Regarde, la première victime est touchée en plein milieu de la poitrine. Tandis que tous les autres ont deux voir trois centimètres de décalage au niveau de leur blessure. En plus de ça, ils ont reçu un violent coup dans le cou. Regarde ces marques, c’est évident pourtant.

     

    • 56 •

     

    Franck inspecta une à une chaque photo se tapant le front mentalement. Pourquoi n’avait-il pas vu ça ?  C’est vrai que le brun résolvait plus facilement ses enquêtes quand il y avait son acolyte dans les parages. Après tout, Julian trouvait toujours la faille et Franck, résolvait les mystères, une pierre deux coups.

     

    • 56 •

     

    - Donc ! Continua le grand gaillard blond. Il y a deux meurtriers, un qui essaye de recopier sur l’autre. Franck, comment n’as-tu pas pu voir ça de plus près. C’est pourtant évident.

    - Je ne sais pas. La fatigue peut-être.